mercredi 18 janvier 2012

Hang Meas


Dans une rue paumée du 13, il y a un vietnamien-cambodgien-chinois (on a jamais su vraiment) qui vaut le coup d’être testé, parce qu’il est globalement mieux que les autres cantines asiat du quartier. Et comme je suis bien bonne, je suis toute disposée à vous dispenser mes bonnes adresses pour vous aider à vous y retrouver un brin dans la jungle des bouis-bouis du 13.
Hang Meas, donc, est un bon plan. Situé dans une toute petite rue résidentielle, non loin d’un autre bon plan du quartier, Pho Tai Tai, qui n’a pas encore été chroniqué en ces augustes lieux car j’ai paumé les photos je préfère vous distiller la bonne parole goutte à goutte.
Déjà, il faut bien préciser que ce n’est pas un boui-boui. C’est au contraire un lieu assez distingué pour une cantine asiat, avec des nappes blanches, des plantes vertes en veux tu en voilà, des petites lampes sympa, et le classique chat qui fait oui-oui. Il est d’ailleurs IMPORTANT de préciser que le MENU comporte des PHOTOS pour à peu près CHAQUE PLAT, ce qui me permettra de ne pas nommer les plats ci-dessous, puisque je les ai oubliés vous pouvez les retrouver facilement sur la carte grâce aux photos sus-mentionnées.
Ce boui-boui, donc, qui n’en est pas un, nous a fait découvrir la première bonne surprise de la soirée, ce truc :
Un genre de petites galettes de riz qui ressemblent à des pancakes, croustillants sur le dessus et moelleux à l’intérieur. Tout à fait surprenant, et léger, fondant, délicieux. Quiconque saura retrouver pour moi le nom de ces spécialités aura un carambar ainsi que ma plus grande estime.
On poursuit avec une salade boeuf pimenté, superbement assaisonnée, et saupoudrée d’arachide. 
pour finir par ces kebabs (oui, bon, je vous ai dit que je ne me souvenais plus des noms) en enrouler en nem avec une feuille de laitue, quelques feuilles de menthe, des vermicelles, et une sauce un peu sucrée un peu acidulée un peu pimentée. Simple, juste, équilibré. Bon. Miam. 
Hang Meas, 7 rue Gandon, Paris XIII

Fuxia


Un genre de trattoria un peu chic, qui propose des plats à emporter aussi bien qu’à déguster dans un cadre feutré, décoré de lampes à la lumière tamisée et de casiers en bois remplis de bouteille, c’est Fuxia, concept de restaurant italien présent en 5 ou 6 endroits à Paris et à peu près autant en province. Le service est bien fait, la cuisine classique et efficace, avec des ingrédients de qualité, l’addition pas trop chargée, que demande le peuple?
Fuxia, 25, rue des Martyrs, Paris IX

Le Watt


Un des rades de mes virées étudiantes…le Watt, repaire de bobos du quartier de la Sorbonne, ne sera pas tant chroniqué ici pour la qualité démentielle et l’originalité folle de sa cuisine que pour l’affection que je porte à ses serveurs blasés et son décor branchouille, qui a accueilli pas mal de discussions enflammées sur tel prof, telle soirée ou tel film qui passait au ciné juste à côté juste avant le début du cours de socio (ou pendant).
Mais il faut bien avouer que ce soir là, on y a bien mangé aussi, et que le serveur était plus sympa que d’habitude. 
On commence avec des tapas assez honnêtes, style guacamole, tartine de fromage-confiture d’oignon, un nem pas méchant et un petit pâté à la viande pas mal fichu. 
et on enchaîne avec….du kangourou. 
Et là je dois bien avouer que j’étais assez déçue. Bah c’est un steak quoi. Mais peut-être mon palais manque-t-il cruellement de subtilité.
Et pour finir, le burger des familles. 
Y’a-t-il aujourd’hui un café ou bistrot français qui n’en propose pas? Et est-ce qu’un jour j’arrêterai de choisir la solution de facilité et de prendre ce plat à chaque fois? Sur ces questions poignantes, je vous laisse, et vous conseille d’aller faire un tour au Watt, que ce soit pour tester le burger, pour bouquiner :
ou pour enrichir votre vocabulaire :
Mignon non? Allez, tchuss. 
Le Watt, 3 rue de Cluny, Paris V

Le Potager


Si j’étais une fille raisonnable et bien organisée, j’arrêterai de claquer mon argent dans des futilités pour pouvoir me payer un appareil photo digne de ce nom. Et prendre des photos comme ça :
ça, mes aïeux, ce sont les meilleurs oeufs cocotte foie gras de Paris. Un ramequin brûlant qui sort du four, un oeuf, une cuillère de crème fraîche, une tranche de foie gras et un rien de persil, servis avec des mouillettes croquantes. Mmmmmh !!!
On peut les déguster au Potager, un minuscule restaurant dans le quartier d’Abbesses dont c’est le plat phare, à tel point qu’il est proposé en entrée, en plat et en dessert ! Seul hic, réservez ou bien attendez-vous à patienter au moins deux heures le week end (dur, quand vous vous êtes faits recaler, de voir à travers la vitre des clients réjouis se jeter sur leurs oeufs cocotte foie gras pendant que votre ventre gargouille).
Et puis même si ces oeufs sont la star du Potager, les autres plats de la carte sont bien braves quand même. 
Un veau en croûte de thym qui fond dans la bouche. Courez au Potager.
Le Potager, 16, rue des Trois Frères, Paris XVIII

Pink Flamingo


“Les meilleures pizzas de Paris” me dit ma rabatteuse. Moi qui ne suis d’habitude pas fan de pizzas (en ce qui me concerne, c’est plutôt le dimanche soir quand le frigidaire est vide), je me suis installée à l’une des 3-4 tables du Pink Flamingo, en plein coeur du Marais, avec curiosité. 
Voyez le petit van devant l’entrée du restaurant. Eh bien oui, ça compte comme une table.
Et notez le concept au cas où voudriez vous faire livrer une pizza Pink Flamingo gratos Place des Vosges : débrouillez-vous pour avoir un ballon en caoutchouc sur vous, sur un malentendu, ça peut marcher.
Et les pizzas alors? Le concept est de proposer des pizzas pas comme les autres, qui changent des classiques margharita, reine, végétarienne, etc etc, et qui portent chacune le nom d’une personnalité. Voyez plutôt, et admirez comme la couleur de mon casque, dont on voit un fil, est raccord avec l’identité visuelle du restaurant : 
L’effort est louable, et les quelques ingrédients un peu insolites dans une pizza (hoummous, magret ou figue) donnent certes envie de les tester pratiquement toutes. Mais force est de constater qu’au final, malgré leurs velléités d’originalité à tout prix, une pizza reste une pizza, à savoir principalement de la pâte, de la tomate et du fromage. Mais j’avoue, les ingrédients sont de très bonne qualité et les pizzas sont très bonnes, à la fois gourmandes et légères.
L’Aphrodite. miam miam
La Poulidor. Si si, çe ne se voit pas forcément sur la photo, mais c’est super différent.
Tomate séchée sur la pizza (= cerise sur le gâteau) le décor est sympa (tables en damier, éclairage rosé, flamants funkys un peu partout) 
Et des pizzas assez savoureuses pour me donner envie d’y retourner. Moi dont ce n’est, encore une fois, pas le plat préféré. Allez au Pink Flamingo (au Marais ou ailleurs dans Paris, ils en ont 4-5 en tout dans la capitale dont notamment vers Aligre et Montmartre) et faîtes votre choix, si vous y arrivez :
Pink Flamingo Pizza, 105, rue Vieille du Temple, Paris III. Pizzas entre 10 et 17 euros.

DEPUR


Il fallait bien un resto pour me faire mettre le pied dans une salle de sport. “Qu’est-ce qu’elle raconte encore comme inepties” vous entends-je grommeler. Eh bien oui, Depur (acronyme pour “Drôle d’endroit pour une rencontre”) fait partie du Klay, un club de sport chicos vers Réaumur Sébastopol. En gros, vous allez vous faire suer pendant deux heures sur un vélo de salle à l’étage, et puis vous allez vous refaire un estomac dans le restaurant du rez-de-chaussée. Pour ma part, j’ai zappé la première étape pour passer directement au restaurant. Première surprise agréable, Depur est niché dans un cour d’immeuble qui ne paye pas de mine, dans une rue qui ne paye pas de mine.
 
Assez intimidant quand on vient pour la première fois, surtout en voyant la foule de hipsters (encore eux, oui, ce sont mes meilleurs amis) habitués du coin papoter tranquillement devant la porte. 
Mais primo, l’accueil est très gentil et deuxio, on fond en découvrant ça :
une petite cour pavée a-do-rable, avec buissons, lampions et façades d’immeubles faisant le périmètre un peu décaties. Et aussi un mickey à l’entrée complètement décalé par rapport au décor :
Je n’ai pas pris de photos de l’intérieur, mais c’est très…comment dit-on?Lounge.
(c’est tiré du site. Pendant mes études on m’a seriné à longueur d’années de toujours citer mes sources)
Vous aurez compris l’idée :mélange entre un loft new yorkais et un club anglas fin XIXe avec livres, journaux et serveurs aux petits soins. On y imagine bien un monsieur très respectable et un peu ventripotent en polo blanc descendre un peu essouflé du Klay et venir feuilleter son journal en fumant la pipe et sirotant sa boisson dans un des fauteuils chesterfield et dire au serveur qui lui apporte sa sole “Merci Nestor, ce sera tout”. Mais je m’égare.
Et au menu? Moi qui imaginais en ricanant du quinoa germé, du boulghour au soja et autre tofu arrosé de lait de soja à tire-larigot, je découvre une carte ma foi fort sympathique
ça c’est la carte. Mais vous ne verrez pas ce qu’il y a dedans, MOUAHAHAHAHA.
Exemple de plats proposés : Filet de bar risotto aux asperges, wok aux herbes, suprême de poulet fermier, purée à l’huile d’olive. Du très classique avec des touches asiat, mais dans l’ensemble assez séduisant. Bon bah testons :
On attaque avec des Dim Sum et leur sauce aigre douce. Bons, bien calibrés, rien à dire. La sauce miam miam miam. 
Le service est un peu long, mais c’est très agréable de voir la nuit descendre sur la petite cour, entre la chaleur des lampes chauffantes (assez forte pour permettre de profiter de la terrasse jusqu’au moins mi-octobre sans problème), la lueur des bougies, le tintement des couverts et le bruit des conversations. 
Le problème de la nuit par contre, c’est que je galère pour prendre des photos potables. Vous ne verrez donc pas les aiguillettes de canard que j'ai prises en plat, qui s'avérèrent être une légère déception : rien que de très classique, avec un assaisonnement des légumes un peu faiblard.
Finalement, le bilan est assez moyen dans l’assiette. C’est bon mais peut mieux faire. En revanche je reviendrai chez Depur pour prendre un verre, un petit plat à midi ou un dessert (pas testé le cheesecake - glace caramel au beurre salé, mais l’intitulé est attirant non?) et surtout pour profiter du cadre enchanteur. Le genre d’endroit où on est assez à l’aise pour y passer de longs moments.
(Crédits photos Leila Chebbi, sinon elle se vexe)
DEPUR, 4 bis rue Saint-Sauveur, Paris II.

La Candelaria


Quelquefois, j’en ai marre de passer mes soirées à mon vieux bar PMU ou au Quick du coin. Alors je me bouge un peu et je vais tester les nouveaux coins hype.
Depuis le temps qu’on en parle partout, il fallait bien que je vois ça de mes propres yeux. Candelaria c’est ce nouveau bar à tacos (la nouvelle mode à Paris en ce moment) qui fait petite cantine tex mex côté face et bar souterrain côté pile.
Manque de pot, le bar est fermé le lundi. On s’est donc rabattus sur le minuscule boui boui, déjà bondé à 20h30. Première constatation : pas de tables, mais un bar dont les tabourets sont tous squattés, et une seule table à l’entrée entourée d’une huitaine de sièges, déjà occupés par des étudiants américains en goguette.
Au début, on se dit que ya pas de place, que c’est tout petit et que ça va être relou, mais en fait la promiscuité se transforme en convivialité lorsqu’on se met à échanger quelques mots avec ses voisins de tablée. 
Et encore, vous ne voyez pas la file de hipsters qui pianotaient impatiemment sur leur Iphone en attendant qu’une place se libère.
Comme on est des BG, la table s’est libérée presque au moment où nous sommes arrivés, ce qui nous a permis de nous précipiter sur deux tabourets en même temps qu’une flopée d’autres américains. 
Et à part ça, qu’est-ce qu’on mange à la Candelaria? On mange ça :
ce qu’il y a écrit dessus. Pas l’ardoise elle-même…hein (ha. ha.)
Donc, des tacos, des tostadas, et puis c’est tout. Au fait, le nopal, c’est une tostada au cactus. Marrant non? Cactus qui finalement se rapproche en goût d’un poivron mariné. Pas mal, mais pas le meilleur.
Vous avez vu les prix? Tout riquiquis, et c’est ça le piège. On commande à peu près tout 2 ou 3 fois. Et en fait, on a bien raison.
Très simple, mais rudement efficace et beaucoup plus subtil qu’il n’y paraît. Mon préféré, c’est le queso fresco, le premier à gauche. Poulet, fromage de brebis, chou rouge, haricots noirs, et plein d’autres bonnes choses qui forment un goût plus complexe que ce qu’on pourrait croire. Le service est un peu lent, mais ils ne sont que deux à cuisiner en direct live depuis derrière le bar, et ont l’air un peu dépassés par l’affluence.
Et pour finir, un brownie chocolat piment plutôt bien troussé, qui pique la langue juste ce qu’il faut :
Et comme vous avez été gentils de lire jusqu’au bout, un gros plan sur la déco du bar en bonus  :
Mignon non?
Allez, allez vite y faire un tour avant que ce ne soit encore plus pris d’assaut, ou avant que la qualité ne se dégrade. Parce que malgré leur grand succès, l’accueil reste simple et gentil, les prix très très bas et la nourriture très bonne sans chichis. C’est assez rare pour mériter d’être signalé.
Candelaria, 52 rue de Saintonge, Paris III. A partir d’environ 3-4 euros pour un taco.